ecrits

Un extrait de texte à partager, tous les mois, les deux mois, tous les ans en fonction de l'envie du moment..
Je me dis encore :"Je ne sais pas ce qu'elle ressentait.
Je ne sais pas quelle était sa véritable nature.
Je sais que je ne l'ai pas possédée car on ne possède rien en possédant une femme.
On ne pénètre rien en pénètrant une femme.
Je sais que je ne l'ai pas comprise quand je la serrais dans mes bras.
Mais je l'aimais."

"Vie secrète"
Pascal Quignard


" Le Louvre, pour moi, c'est quoi au fait? C'est la nuit noire, au bout du pont des arts, puis la lumière de l'aube, c'est le matin pour aller au lycée, un autobus,
c'est ma découverte du théâtre, un pont, des arcades, passer le matin sous l'institut quand il fait encore nuit (...) C'est dans ces mêmes jours, ou pas loin,
le lycée sombre où mes jambes et mes genoux tremblent parce qu'on me demande soudain de faire ce que j'ai toujours désiré : monter sur un plateau.

Ce sont les yeux brillant d'Osiris dans son passage souterrain (...). C'est l'art pompier, celui que mon père appelle ainsi avec mépris, et dont je n'ose pas dire que je l'aime plutôt bien,
c'est le sommeil d'Endymion et l'enterrement d'Atala, toutes ces chairs blanches qui me tentent si violemment, (...).

C'est la solitude de l'adolescence, celle qui ne m'a pas quitté et qui est aujourd'hui encore le moteur le plus sûr qui me met au travail,
la force qui me fait échafauder des projets, c'est son cortège de désirs et d'avidité, de tendresse et de manque, des images, oui, dont je me dis alors naïvement que je veux les refaire,
ces visages que je n'ose pas regarder et dont je ne sais pas encore que je saurai un jour les faire travailler, les faire se modifier de l'intérieur.

Et d'ailleurs, qu'est ce que je sais faire? Des images justement, il paraît, et pourtant je les critique aujourd'hui."

"Des visages et des corps"
Patrice Chéreau

Allez aux cours, Iris, allez aux Tuileries, Voyez leurs promenoirs,
voyez leurs galeries, Et cherchez dans ces lieux si vous y trouverez
Les beautés dont jadis ils furent éclairés.
Des fleurs de la fortune et du temps couronnées,
Elles ont là régné, durant quelques journées,
Accueil
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Et votre regard, celui qui reste ancré dans mon esprit, comme un écho de vous.
22 : 22


There are children in the morning
They are leaning out for love
And they will lean that way forever
While Suzanne holds the mirror.
Tous les contes ne sont que les rêves de ce pays
natal qui est partout et nulle part.
Les hautes puissances qui sont en nous
et qui un jour accompliront en tant que
génies notre volonté sont aujourd'hui des
muses qui nous vivifient par de doux souvenirs
dans cette existence monotone.

Novalis
La religion chrétienne est la vraie religion de la volupté.
Le péché est le grand excitant à l'amour de Dieu.
Plus on se sent pécheur et plus on est chrétien.
Le but du péché et de l'amour, c'est l'union absolue avec Dieu.
Les dithyrambes sont un produit vraiment chrétien.
Novalis
Regarder implique donc un double mouvement, d'expansion et de repli, de saisi et de retrait.
C'est d'abord aller à la rencontre de l'autre, désirer voir, comme l'enfant naïf et curieux, puis s'emparer du réel, garder ce dont on a pris possession par l'oeil.

Pour l'artiste ou le poète, c'est chercher par la couleur et par les mots, à se rendre maitre des choses, observer et recueillir.

Pour Rossetti, dont l'art est consacré à l'étude de l'eternel féminin, regarder la femme c'est la posséder :
"no man sees but I"

La méduse au miroir.
arrivé dans ma rue, des traces de glissades jonchaient le tapis blanc.
serrant mon manteau contre le froid, je regardais ces témoignages insouciants.
Une profonde solitude m'envahit, j'ai laissé partir vos yeux, votre sourire.
je me retourne, mais vous ne me suivez pas, aux portes de l'enfer je sors ma lyre.
Jamais il n'avait vu cette splendeur de sa peau brune, la séduction de sa taille, ni cette finesse des doigts que la lumière traversait...
Il souhaitait connaître tous les meubles de sa chambre, toutes les robes qu'elles avait portées, les gens qu'elle fréquentait ; et le désir de la possession physique même disparaissait sous une envie plus profonde, dans une curiosité douloureuse qui n'avait pas de limites.
G.Flaubert
L'éducation sentimentale
"Rouler d'abîme en abîme avec les débris de Dieu et du monde"
Atala
Chateaubriand
" Et tandis qu'aux portes de fer
Se heurte la jeune espérance,
Une harpe dessine dans l'air
Le contour secret du silence. "

Voir vos yeux indulgents plus mollement reluire ;
Puis prendre votre main, et, courant, vous conduire
A la danse légère... ô laissez-vous aimer !
22.12
cette attache muette, subite, entraine des actions qui exaltent l'âme, ou même l'affolent, il s'agit bien de passion..
Une folie dévorante, qui s'extirpe au grand jour et sous ce feu brûlant git depuis longtemps un véritable amour.
J'ai dénoué la chambre où je dors, où je rêve,
Dénoué la campagne et la ville où je passe,
Où je rêve éveillé, où le soleil se lève,
Où, dans mes yeux absents, la lumière s'amasse.

Monde au petit bonheur, sans surface et sans fond,
Aux charmes oubliés sitôt que reconnus,
La naissance et la mort mêlent leur contagion
Dans les plis de la terre et du ciel confondus.

Je n'ai rien séparé mais j'ai doublé mon cour.
D'aimer, j'ai tout créé : réel, imaginaire,
J'ai donné sa raison, sa forme, sa chaleur
Et son rôle immortel à celle qui m'éclaire.

Paul Eluard
"En vertu de l'Amour"

E.E Le lierre se coupe ; s'il s'accroche, alors on le déracine.